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Un peu d'histoire

La découverte des îles Loyauté est récente. Bougainville avait le premier soupçonné leur existence au cours de son "voyage autour du monde" avec la frégate du roi "La Boudeuse" et la flûte "L'Etoile", en 1766-1769. Cook à son second voyage (1772-1775), découvrit la Nouvelle-Calédonie mais pas les Loyauté.

La première reconnaissance semble remonter à 1803 par Raven, commandant de "La Britannia". Ce fut l'île de Maré à laquelle il donna le nom de son bateau. Mais c'est seulement en 1827 qu'un Français, Dumont D'UrviIle détermina leur position, Maré s'appelant "Britannia", il baptisa Lifou "Chabrol" du nom d'un ministre français qui avait permis l'expédition du bateau de La Pérouse "L'Astrolabe", et Ouvéa "Halgan".

Le nom de Loyalty paraît pour la première fois sur les cartes d'Arrow Smith et dans les carnets de Dumont D'Urville. Il est encore en usage sur certaines cartes malgré la décision du Gouverneur Guyon de la franciser.

Le Gouvernement français occupa la Nouvelle- Calédonie et ses dépendances (y compris les lIes Loyauté) en 1853, mais n'intervint pas dans les affaires loyaltiennes avant les années 1860, quand il se vit contraint de tenter de mettre fin aux rivalités religieuses et aux conflits tribaux.

L'administration nouméenne, quoi qu'impatiente d'établir sa souveraineté effective sur les Iles, n'avait pas l'intention de créer une structure administrative permanente. Elle manquait des ressources nécessaires et, ce qui est plus important, les îles étaient inaptes à une exploitation économique d'envergure, contrairement à la Grande-Terre, dotée d'un potentiel agricole et d'extrêmes richesses minières.

A l'exception d'une expédition militaire à Lifou en 1864, la présence du Gouvernement français aux Loyauté se borna en général à un représentant sur place et à des visites occasionnelles pour enquêter sur les troubles. Les Français furent incapables d'établir une stabilité politique parmi les chefferies ou de mettre un terme aux conflits religieux avant les années 1870 à Ouvéa et à Lifou et avant 1895 à Maré.

Les Loyaltiens firent preuve d'une remarquable auto-détermination, caractérisée par la confiance, l'enthousiasme et la créativité, dans leurs réactions devant les sociétés missionnaires rivales, les doctrines et les usages du Christianisme et les autres notions européennes, aussi bien que dans leurs voyages et leur trafic avec les Européens.

Ce fut la réaction d'un peuple insulaire décidé à prendre l'initiative et à tourner à son avantage, plutôt que d'accepter passivement ou de tout simplement rejeter, la présence des Européens et leurs moyens. Les caractères originaux du peuplement.

Toutes les îles dépendantes de la Nouvelle-Calédonie sont restées à l'écart de la colonisation européenne et de son corollaire, la pénétration asiatique. La quasi-totalité du peuplement y est autochtone.

Dans chaque île résident quelques blancs qui sont, soit des fonctionnaires (Province ou Commune, administrateurs, gendarmes, agents des Postes, etc.), soit des membres du clergé (missionnaires catholiques ou protestants, sœurs infirmières et enseignantes, etc...).

Il n'y a que peu de résidents européens ou assimilés exerçant une profession commerciale. Ainsi les îles dépendantes de la Nouvelle-Calédonie ont un milieu humain fort différent de celui de la Grande- Terre. Il se caractérise par une grande homogénéité, une densité bien plus forte, une expansion démographique continue depuis le début du XIXe siècle.

Les structures sociales particulières. Ces différents caractères démographiques expliquent que l'on ait des structures sociales solidement enracinées. Les éléments traditionnels ont pu y garder une forte influence. Pour les Loyauté, la population est restée stable depuis la fin du XIXe siècle.