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Présentation - Vers une réglementation plus adaptée de la chasse à la roussette

Une étude en partenariat avec les habitants pour construire un Code de l’Environnement proche des réalités des gens

L’enquête sur l’amélioration des connaissances relatives à la roussette, menée par l’Institut Agronomique néo Calédonien (IAC), en collaboration avec l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement), demandée par la Province des Iles Loyauté dans le cadre de l’écriture du Code de l’Environnement Loyaltien, arrive à son terme.

Comme les études sur la roussette aux îles étaient quasi inexistantes, la Province des Iles Loyauté a missionné l’IAC pour mener une enquête en collaboration avec les trois aires coutumières (Iaai, Drehu et Nengone) pour décrire l’importance de la roussette pour les habitants, les modes de gestion existants ou envisageables et pour améliorer les connaissances sur l’écologie grâce à la collaboration entre les scientifiques et les habitants.  Il est très important pour la Province des Iles Loyauté de comprendre l’importance de la roussette pour ses habitants et de faire état des pratiques sur les îles (Lifou, Maré, Tiga et Ouvéa) afin de conserver la roussette, mais aussi la culture qui y est associée. L’objectif est de mettre en place une réglementation la plus adaptée possible aux réalités sociales, culturelles et environnementales.

L’enquête menée par les spécialistes de l’IAC et de l’IRD a débuté en 2015. De nombreuses personnes ont été consultées sur les roussettes, via des entretiens individuels et collectifs.

Comment se portent les populations de roussettes dans le monde et en Nouvelle-Calédonie ?

Les chauves-souris sont les seuls mammifères terrestres indigènes à la Nouvelle-Calédonie. Les Mégachiroptères, couramment appelés « roussettes », sont de grandes chauves-souris se nourrissant de fruits et de nectars. En déclin dans de nombreuses régions du Pacifique, les roussettes sont des animaux très fragiles car les populations se renouvellent très lentement (la femelle n’a qu’un seul petit par an) et sont très sensibles aux activités humaines. En Nouvelle-Calédonie les 4 espèces de roussettes présentes peuvent être très recherchées culinairement mais sont surtout importantes culturellement. Certaines espèces figurent sur la liste des espèces menacées de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).

Le manque de connaissances sur les roussettes et le peu de travaux ayant été consacrés au sujet, ont conduit la Province des Iles Loyauté à commander une étude visant à acquérir un maximum d’informations afin d’envisager, au travers de son Code de l’Environnement, des solutions de conservation, une meilleure gestion de l’espèce et une existence durable pour l’animal et les pratiques de chasse.

Une règlementation visant à prendre en compte les aspects écologiques et culturelsAffiche de la présentation le 21 avril

La gestion de l’environnement étant une compétence provinciale depuis la Loi Organique de 1989, les Provinces Sud et Nord ont mis en place des réglementations spécifiques pour la protection tant des écosystèmes (réserves terrestres et marines) que des espèces menacées (réglementation de la chasse, de la pêche, des feux ou de la collecte de matériel végétal et animal). Aux Iles Loyauté, une réglementation datant de 1970 encadre la chasse à la roussette, n’autorisant la chasse que du mois d’avril à juin, avec 10 roussettes par chasseur et par journée de chasse. Leur colportage et leur commerce sont interdits. Dans le Code de l’Environnement de la Province des Iles Loyauté qui est en cours d’écriture, les textes relatifs à la gestion de la roussette (conservation et chasse) tenteront de prendre en compte certaines règles particulières dont la « chasse nourricière » et les aspects culturels des loyaltiens.

Les restitutions et discussions des résultats de l’enquête

L’étude sur les connaissances de la roussette, lancée en 2015, est entrée dans sa dernière phase avec une première communication et des discussions sur les informations récoltées, lors de la fête du Wadrawa à Maré en juillet 2016 et lors du Carrefour des Jeunes du district de Gaïca à Hapetra, fin janvier 2017. Fabrice Brescia (chercheur en écologie à l’IAC), Catherine Sabinot (chercheure en anthropologie à l’IRD) Camille Fossier (chargée de projet) et Glwadys Bako (assistante de recherche) ont présenté à ces occasions les premiers résultats de l’étude. La forte mobilisation de la population a permis un véritable partage de connaissances sur la roussette entre les scientifiques et les personnes sur place qui ont pu partager leur expérience. Les nombreuses questions et remarques ont fait apparaître une forte préoccupation sur la problématique « roussette ».

L’enquête menée, conformément à la demande de la Province des Iles Loyauté, fait apparaître en premier lieu, une grande volonté de la part des loyaltiens de respecter le cycle de la roussette, afin qu’elle perdure pour les générations futures. La responsabilisation de chacun et la sensibilisation sont au cœur des préoccupations qui se sont exprimées.

Les résultats de ce type de recherche menée par des chercheurs en sciences naturelles et en sciences sociales, sont utiles pour la construction d’une négociation éclairée entre habitants et gestionnaires, sans laquelle il est difficile d’envisager des politiques de gouvernance des ressources naturelles acceptées, acceptables, et durables.

A partir de mars 2017, les résultats recueillis après une année et demie d’enquête seront communiqués sur chaque île avant d’être remis à la Direction du Développement Durable et des Recherches Appliquées de la Province des Iles Loyauté au cours du second semestre 2017.