L'agriculture
L'orientation de la politique agricole des îles Loyauté vise une professionnalisation des acteurs de ce secteur, une fixation des populations locales et la création d'emplois.
Les conditions géo-pédologiques des îles Loyauté (présence d'une lentille d'eau douce à Maré et à Lifou) ne permettent pas de gérer l'agriculture dans son ensemble sans se préoccuper de l'environnement. De ce fait, la politique agricole des îles Loyauté s'est orientée vers l'agro-écologie dans le but de lutter contre la pollution de la lentille d'eau douce et favoriser le maintien de la fertilité des sols.
Au niveau de la production :
- Faciliter l'accès au foncier en collaboration avec les coutumiers et les services provinciaux compétents en la matière (D.P.F.C. et D.E.A.). C'est la première condition pour que le développement rural devienne une réalité en Province des Iles Loyauté
- Favoriser l'accès à l'eau qui suppose à la fois la construction de nouveaux forages et l'installation d'extension financée par la Province des Iles Loyauté mais également de bien gérer les forages déjà existants. Cette bonne gestion dépend à la fois des services provinciaux (D.D.E. et D.E.A.), de l'organisation des producteurs dans leur secteur et de l'accès au foncier
- Orienter l'agriculture vers un souci de respect de l'environnement : exploitation des anciennes jachères en épargnant les forêts primaires, diminution significative de l'emploi de produits chimiques (recherche appliquée), protection de la fertilité du sol, gestion raisonnable de l'irrigation
- Valoriser l'installation des jeunes producteurs (D.I.A., aides provinciales), en valorisant pour certains d'entre eux leur formation (B.E.P.A., B.T.A...) en matière agricole. Cette installation des jeunes doit s'opérer en accord avec les anciens qui possèdent l'expérience nécessaire pour les aider efficacement dans leur travail de la terre et s'accompagne de formations adaptées
- Renforcer l'appui technique et financier des services provinciaux afin de réunir toutes les conditions favorables et nécessaires à l'installation des producteurs loyaltiens
- Renforcer les liens entre les différents interlocuteurs du monde rural : coutumiers, producteurs, structures de commercialisation, organismes de recherche, provinciaux, territoriaux ou d'Etat
- Organiser et structurer le monde rural en favorisant la création des syndicats, des associations interlocuteurs privilégiés représentatifs du monde rural pour favoriser une meilleure défense des droits des agriculteurs loyaltiens et une meilleure lecture par l'extérieur du monde rural loyaltien.
Bien que la consommation du lapin reste anecdotique, le développement de la cuniculiculture peut être prometteur à condition qu'il soit bien géré.
Propositions d'actions
Plusieurs axes semblent pouvoir être développés :
- Soutenir les élevages déjà existants et favoriser si besoin l'extension progressive des élevages justifiant de résultats économiques satisfaisant.
- Fédérer les producteurs au sein d'une structure professionnelle, le Syndicat des éleveurs et soutenir une telle structure.
- Maintenir les aides consacrées à supprimer pour l'éleveur le surcoût du au transport, notamment des aliments. Subventions qui étaient jusqu'en 2000 redistribuées par l'ERPA par le biais de centrales d'achats locales.
- Favoriser l'accès des producteurs loyaltien à une certification qualitative.
- Promouvoir la formation des producteurs.
Filières à cycles intermédiaires (porcins)
Le développement ne doit s'envisager que dans le strict respect de l'environnement. Les risques de pollution de la nappe phréatique par un développement anarchique et incontrôlé sont majeurs.
L'élevage en semi-liberté semble une voie de développement plus qu'intéressante, de même que la spécialisation des élevages : naisseurs et engraisseurs.
Propositions d'actions
- Favoriser la diffusion de reproducteurs de race améliorée (Duroc), programme en cours en partenariat avec l'UPRA Porcine
- Favoriser l'accès des éleveurs à une alimentation de meilleure qualité (alimentation de type industriel), en favorisant l'implantation d'une centrale d'achat gérée par le Syndicat des Eleveurs
- Structurer la filière pour les élevages de rente, notamment en finançant un abattoir au moins sur Maré et Lifou
- Démarrer un programme d'étude sur :
- L'impact des porcheries sur l'environnement
- Les techniques d'élevage non polluantes (élevage plein air)
- La maîtrise et le recyclage des effluen
Réfléchir à la poursuite du financement des micro-projets, qui n'ont qu'un intérêt social et qui en terme économique ont été un échec.
Filières à cycles longs (ruminants)
Le développement de l'élevage bovin est la base essentiellement pour structurer la filière viande.
La première étape va consister à augmenter la production des troupeaux (augmentation de la taille des cheptels, de la surface pâturée, amélioration des pâturages).
La seconde va s'attacher à :
- Développer des ateliers de transformations (abattoirs), répondant aux normes de salubrité des aliments,
- Structurer les circuits de commercialisation (grossistes, détaillants). La première phase est en train de se mettre en place. L'arrivée du gyrobroyeur forestier va permettre son accélération.
Propositions d'actions prioritaires
- Poursuivre l'aide technique et économique des élevages productifs, c'est à dire possédant un cheptel minimum de 10 reproductrices, des surfaces à valoriser et une main d'œuvre suffisante ;
- Structurer la filière en favorisant le regroupement des éleveurs et en développant l'aval de la filière, en finançant un abattoir au moins sur Maré et Lifou ;
- Développer l'accès des éleveurs à certains équipements agricoles nécessaires mais trop coûteux afin d'augmenter la surface et la qualité des pâturages (gyrobroyeur forestier notamment) ;
- Pérenniser les programme d'aide à l'amélioration génétique des cheptels mis en place en collaboration avec l'UPRA Bovine
- Préserver le statut sanitaire.
Filières originales
Apiculture :
Les conditions sanitaires et floristiques sont très intéressantes pour permettre un développement de cette filière.
Propositions d'action
- Plusieurs axes semblent pouvoir être développés :
- Soutenir les élevages déjà existants et favoriser si besoin l'extension progressive des élevages justifiant de résultats économiques satisfaisant
- Maintenir la collaboration avec le CPA (Centre de Promotion de l'Apiculture) pour le suivi technique des éleveurs ;
- Favoriser l'accès des producteurs loyaltien à une certification qualitative
- Promouvoir la formation des apiculteurs.
 Asins :
Le programme de conservation de l'âne de Maré est en cours de mise en place. Un succès de celui-ci permettrait d'une part de pérenniser une partie du patrimoine agricole de cette île, et d'autre part de valoriser cette production par la vente d'ânons (le marché de l'âne de loisir et de l'écotourisme utilisant cette espèce est en pleine expansion).
Proposition d'actions
Avant toute chose et pour qu'une telle entreprise puisse aboutir, il est impératif de connaître l'intérêt et la motivation qu'un programme de réhabilitation susciterait au sein de la population locale. Il est fondamental d'associer étroitement la population à la conduite de ce programme.
Le calendrier pourrait s'organiser comme suit :
- Etude de la place de l'âne dans la société maréenne et intérêt de celle-ci quant à la réhabilitation de cette espèce ;
- Constitution d'une asinerie avec 1 ou 2 mâles et 2 ou 3 femelles pour débuter. La station d'Atha pourrait éventuellement accueillir un tel complexe ;
- Mise en place d'un registre de l'âne avec identification de chaque animal et enregistrement d'un certain nombre de données : saillies, naissances…;
- Mettre en place une enquête zoosanitaire afin de clarifier l'état sanitaire de la population, notamment en ce qui concerne le parasitisme interne ;
- Favoriser le brassage génétique avec à terme recours éventuellement à des techniques telles que l'insémination artificielle.
Animaux domestiques
Le développement social de la population des îles s'accompagne d'un intérêt croissant pour ce type d'animaux. L'implantation d'élevages canins, par exemple, peut être réellement envisagé comme une activité économique.
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